
Edouard
Debat-Ponsan, Paysage au bord de l’eau, hsb,
29,5 x 37,5 cm, signé en bas à droite Debat-Ponsan.
Issu d’une famille de musiciens, cet artiste
(Toulouse 1847- Paris 1913, peintre d’histoire, de scènes de genre, de portraits et de paysages)
entre dès 1861 à l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Il fut ensuite l’élève de
Cabanel à l’école des Beaux-Arts de Paris et participa au Salon dès 1870.
Reçu second prix de Rome en 1873, il obtient la
seconde médaille au Salon en 1874 et le prix Troyon à l’Institut la même année.
Il en reçoit une bourse pour visiter l’Italie. La légion d’honneur lui est
attribuée en 1881 et consolide sa notoriété auprès du public.
Suite à un bref voyage en Turquie en 1882 au cours
duquel il visite les régions du Bosphore, il réalise en 1883 son chef-d’œuvre, Massage,
scène de hammam (musée des
Augustins, Toulouse). Les thèmes orientalistes resteront pourtant isolés dans
son œuvre. Sa production est alors caractérisée par des sujets religieux et historiques
(église de Courbevoie, cathédrale de La Rochelle 1888), mais aussi par des
compositions patriotiques. Après y avoir été admis, il est exclu de
l’exposition universelle de 1889, en raison de sa forte personnalité
anticonformiste. Il évolue vers le portrait mondain (nombreuses amitiés
politiques) ou familial, vers la réalisation de commandes officielles (Capitole
de Toulouse 1894, théâtre de Nîmes 1899). Il affectionne aussi les paysages de
son Languedoc natal et les scènes de l’activité rurale. En 1898, sa prise de
position auprès d’Emile Zola, en faveur du capitaine Dreyfus, lui aliène l’essentiel
de sa clientèle. Vers 1900, il multiplie ses séjours en Touraine et réalise en
plein air, d’une touche alerte, des petits formats, représentant les habitants
de la région, les atmosphères du fleuve, avec des vues fractionnées par des
lignes de fuite qui s’entrecoupent. Après une première conception du paysage à
placer dans la suite de Corot, sa technique va peu à peu ressentir l’influence
de l’impressionnisme, sans pour autant en adopter le divisionnisme. Ses études
d’animaux, et de lumière, laissent aussi transparaître sa connaissance des
maîtres hollandais. Ces études, réservées au cercle restreint de ses intimes,
furent en partie dispersées après sa mort, suite à une exposition qui se tint
au printemps 1914, dans son atelier parisien. La famille fit don d’une partie
de ses œuvres en 1929, 1977 et 1981 au musée de Tours qui réalisa une
importante rétrospective de l’artiste en 1973.
Edouard Debat-Ponsan est le grand-père du peintre
Oliver Debré.
Parfaitement caractéristique de la production de
l’artiste après son installation en Touraine, ce paysage fermement cadré par
des lignes simples, présente la rive d’un plan d’eau (ou la courbe d’une
rivière) auprès de laquelle se dresse une modeste construction. La légèreté de
la végétation, la fluidité de ses reflets sur l’eau, l’amplitude de la gamme de
verts utilisés permettent de comparer directement cette œuvre à deux autres,
répertoriées au musée des Beaux-Arts de Tours sous les références
d’inventaire : 981-1-2 et 929-1-1 (dons Simone Morizet, fille de
l’artiste, en 1929). Réalisés selon la même technique, sur le même support,
dans des dimensions similaires, ces deux autres tableaux (Paysage de Loire et Un étang à Vieux-Moulin) traduisent la même impression d’intimité, la même
atmosphère subtile, selon un chromatisme analogue. L’un des deux est signé en
lettres majuscules peintes, comme c’est le cas dans l’essentiel de sa
production, l’autre ne présente aucune inscription.
La signature de notre tableau est faite au crayon
et en lettres minuscules; plusieurs explications peuvent éclairer ce fait:
- comme nous l’avons indiqué ci-dessus, cette
production n’était initialement pas destinée à la commercialisation, mais à un
cercle restreint, familial ou intime ;
- dans ce contexte, certaines œuvres n’étaient même
pas signées (cf. ci-dessus) ;
- le premier plan de notre tableau est d’une
facture nettement moins aboutie que le plan d’eau et les arbres ; soit il
représente un banc de sable (fréquent dans cette partie de la production de
l’artiste), soit l’œuvre est inachevée (ce qui semble bien être le cas) ;
- la vente de 1914 a mis sur le marché ces
peintures initialement « privées ». Il serait alors très vraisemblable
qu’en ces circonstances une signature apocryphe, sorte de certificat
d’authenticité ait été apposée, par la veuve ou la fille de l’artiste.
Bibliographie : -E. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs,
dessinateurs et graveurs, Gründ,
Paris, réédition 1999.
-V. Moreau, Catalogue raisonné des peintures du
XIXème siècle, 1800-1914, Musée des Beaux-Arts de Tours, t. I,1999.
-G. Schurr, Les petits maîtres de la peinture
1820-1920, éditions de l’Amateur,
t. III, Paris, 1976.
Etat de conservation : bon état général, malgré une fente ancienne de la
planche de bois, dans le quart supérieur de la composition (restaurée).
Référence : FHbDP20021
Prix de vente : 550 €
Archives
Les
notices documentaires sont proposées à titre indicatif.