Céramiques
et arts d’Europe, exemples de ventes récentes :
Médaillon, France, cire blanche patinée, cadre en palissandre,
1774.

Cet exceptionnel médaillon en cire patinée
reproduit les armes de la reine
Marie-Antoinette, sous une couronne royale fermée. Un masque d’Apollon
rayonnant irradie à partir de l’intersection des blasons et de la couronne. Un
décor très précis de guirlandes de roses épanouies et enrubannées encadre les
armoiries et retombe sur un entablement de style néo-classique. La cire est
signée Lorthior F. (pour Lorthior
fecit). Pierre Lorthior (1733-
1813) fut graveur du roi et, même s’il fut moins célèbre que Duvivier,
travailla pour la cour de Versailles. En 1770 il réalisa le jeton aux armes de
la Dauphine puis en 1774 le grand sceau de la reine, sur lequel elle figure
trônant et recevant son blason. Ce dernier est ici représenté, et date donc de
cette année, semble-t-il la dernière de l’activité de Lorthior pour l’illustre
commanditaire. Etat : cire
anciennement accidentée en bas et restaurée. Diamètre total : 13 cm. Bibliographie : E. van Hende, P. Lorthior, graveur des médailles
du roi, et son oeuvre, Danel,
Lille, 1898, 76 p..
Paire de flambeaux de toilette, bronze doré, France, style Louis
XIV, XIXème siècle,

Ces flambeaux d’un modèle rare et prestigieux sont
aussi parfois appelés « flambeaux à la financière » ; leur base
carrée est dominée par une première élévation de section cylindrique soutenant
une grande collerette carrée et plate, précédant le fût carré et bagué, orné de
deux cannelures par face. L’ensemble s’achève par une étroite collerette
ciselée. La base est ornée d’une frise en doucine, dont le décor fondu est
constitué sur chaque côté de deux dauphins entrelacés et couronnés, entre deux
branches de lys épanouis ; les angles présentent chacun une fleur de lys
stylisée. La grande collerette offre un décor comparable, avec sur chaque face
deux dauphins « dos à dos », réunis par une même couronne
ouverte ; la fleur de lys se retrouve aux angles. Le décor floral de la
collerette sommitale est plus succinct et stylisé. Le département des
objets d’art du musée du Louvre a acquis en 2000 (don M. et Mme Bernard
Steinitz) une paire de flambeaux en argent, dont l’ornementation est identique
(OA11956 ; OA11957). Les pièces du Louvre sont poinçonnées, l’orfèvre
étant Pierre Masse, Paris, 1664-1665. Dimensions : 11 x 18,3cm. Bibliographie : G. Mabille, Acquisitions XVIIème siècle, La
revue du Louvre, Avril 2001,
Paris, 2001, p. 85, note 10.
Sainte Famille, France ou Italie, argent repoussé et ciselé, vers
1650 (?).

Ce relief, baiser de paix ou objet de dévotion
privée, représente la rencontre entre la Vierge Marie, Joseph, l’Enfant Jésus,
et Elisabeth accompagnée de Jean-Baptiste enfant. L’orfèvre anonyme qui a
réalisé cette plaque s’est directement inspiré d’une célèbre œuvre de Raphaël
(1483-1520). Exécutée en 1518, cette huile sur toile (2,07 x 1,40 m) fut en
partie achevée par Giulio Romano, avant d’être offerte par Laurent de Médicis à
François 1er. Elle est exposée au musée du Louvre depuis 1793, sous l’intitulé
de « Grande Sainte Famille de François 1er » (INV 604).
Cette plaque est un témoin précieux de la large diffusion d’une image artistique
et cultuelle célèbre, qui fut aussi propagée par la gravure et de nombreuses
copies peintes (par exemple au musée des Beaux-Arts de Bordeaux). Dimensions :
15 x 9 cm. Poids : 70 grammes.
Verres
à jambe, France, XVIIIème siècle.

Ces beaux verres à boire, en
parfait état, sont constitués d’une coupe conique prolongée par une jambe dont
le diamètre va en s’amenuisant jusqu’au pied ; une belle bulle en goutte
renversée est insérée dans cette jambe, et le pied est orné d’un ourlet. Chaque
verre est légèrement verdâtre et est parsemé d’une multitude de petites bulles.
Hauteur : 15 et 14,2 cm. Bibliographie : J. Bellanger, Verre d’usage et de prestige en
France, 1500-1800, L’Amateur,
Paris, 1988, 525 p..
Verre
à jambe, France, XVIIIème siècle.

Ce beau verre à boire, en
parfait état, est constitué d’une coupe conique soudée à une jambe creuse
reposant sur son pied bombé ; le verre est légèrement irisé. Hauteur : 12,7 cm. Bibliographie : J. Bellanger, Verre d’usage et de prestige en
France, 1500-1800, L’Amateur,
Paris, 1988, 525 p..
Vase
en grès émaillé brun et bleuté, vers 1910, signé à la base Paul Demeure,
potier, Verneuil, Indre.

Ce beau grès est
caractéristique des productions de la Vallée Noire, dans l’Indre, et plus
précisément du bourg de Verneuil-sur-Igneraie. Paul Demeure fut réputé pour ses
grès émaillés, après qu’il eût racheté en 1905 un four ancien. Son activité se
poursuivit jusqu’à la fin des années 1930. Cette belle pièce, par sa signature
réalisée à main levée, correspond aux premières années de sa production. Parfait
état de conservation. Le musée de La Châtre présente de nombreuses œuvres de ce
potier. Hauteur : 21cm.
Charles
Pensée, Chinon, château vue prise au sommet, jeudi 28 août 1834, crayon sur papier beige, 20,5 x 21 cm, sbg C. Pensée.

Plat,
porcelaine, Paris, vers 1835-1840, porte au revers l’inscription peinte en or Boyer
sr de Feuillet.

Feuillet fut sous la
Restauration et la Monarchie de Juillet l’un des plus grands décorateurs
parisiens. Lié au prince de Condé et donc à Chantilly, il fournit à ce prince
et à l’aristocratie plusieurs services. Son magasin, 18 rue de la Paix, fut
repris par son successeur Jean Boyer, avec lequel il s’associa dès 1834. Le
riche décor floral dans le goût de Sèvres et la très belle qualité de la dorure
sont caractéristiques de ces porcelaines toujours très recherchées. L’émail
présente quelques légers manques (pétales du bouquet central). Diamètre : 23,5 cm.