Céramiques et art d’Europe, exemples
de ventes récentes:
Huilier, faïence fine, Pont-aux-Choux, vers 1760.

Cette rare pièce de
vaisselle est en faïence fine, moulée, produite par la manufacture parisienne
de Pont-aux-Choux (1743-1788). Directement inspirée de l’orfèvrerie, elle est à
l’imitation des « terres d’Angleterre ». D’inspiration rocaille, en
forme de nef, elle est ornée à chaque extrémité d’un volatile fabuleux à tête
canine, ailes déployées. Un large cartouche de style Louis XV rythme chaque
face, avec là aussi une tête de chien. D’une facture très soignée, ce bel
huilier est d’un ton crémeux, assez soutenu. Usures d’usage. Dimensions : 26,5 x 15,4 x 7,3 cm. Bibliographie : R. de Plinval de Guillebon, La faïence fine de
Pont-aux-Choux, EOA, n° 292, 1995,
pp. 52-61.
Assiette,
porcelaine tendre, Tournai, vers 1790.

Cette assiette en porcelaine tendre présente un
décor traditionnel, bleu sous couverte, dit « au ronda ». Ce motif,
d’origine coréenne, fut très apprécié en Europe dans la seconde moitié du
XVIIIème siècle, et fut copié à Chantilly, Tournai, Saint-Amand-les-Eaux, ou
encore Arras. Intacte. Diamètre :
24,4 cm.
André
Claudot, La jeune artiste peintre, fusain, 36 x 27,5 cm, signé en bas à droite Claudot.

La carrière d’André Claudot
(1892-1982), peintre de portraits,
de paysages, de natures mortes, commence à Dijon en 1908 avec son inscription à
l’Ecole des Beaux-Arts et les premières publications de ses dessins dans les
journaux locaux .Le département de la Côte d’Or lui octroie une bourse en
1909, ce qui lui permet d’entrer à l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris. Son
travail se concentre surtout sur le quartier des Halles, sur la périphérie parisienne,
où il dessine des scènes populaires, la réalité quotidienne. En 1920 il expose
une centaine de dessins relatifs à ses quatre années de vie militaire puis
repart à Paris présenter ses œuvres au Salon de la Société Nationale des
Beaux-Arts, au Salon d’Automne, puis au Salon des Artistes Indépendants (de
1921 à1926). Il participe à l’illustration de plusieurs revues d’extrême gauche
(Le libertaire, Clarté, la Revue anarchiste). Son atelier est alors situé à Montparnasse, dans le
quartier de la Ruche. Sa vie artistique et personnelle prend une nouvelle orientation en 1925 avec son
départ pour la Chine, où il restera six ans, comme professeur à l’Institut
National des Arts de Pékin, puis de Hang-Tcheou.
Salerons
(d’une suite de 4), argent, France, vers 1900.

Ces beaux salerons en argent
massif, conchiliformes, reprennent un modèle rocaille de style Louis XV très en
vogue dans les années 1900 (Art Nouveau). L’intérieur est vermeillé. Ils sont
chiffrés et portent chacun deux poinçons : celui du maître orfèvre et la
tête de minerve casquée, en règle en France depuis 1838. Parfait état ;
les contenants en cristal sont absents. Poids total : 95 grammes (environ). Dimensions : 6,8 x 4,6 x 4,3 cm.
Pichet,
verre, Normandie, vers 1750.

Ce superbe pichet en verre blanc, exceptionnel, a
été soufflé en une seule paraison, complétée d’une anse creuse (longue bulle
d’air) appliquée à chaud. Le col est souligné d’un large épaulement. Le charme
de cet objet réside essentiellement dans sa forme et son relief godronné, en
vrille, ainsi que dans le grand nombre de bulles qui le parsèment. Belle marque
de pontil. Un léger éclat au col. Diamètre : 21,5 cm. Bibliographie : -J. Bellanger, Verre d’usage et de prestige en France,
1500-1800, L’Amateur, Paris, 1988,
525 p. -Catalogue vente aux enchères Bailly-Pommery Voutier, Paris Drouot,
10/12/2004 (expert S. Lhermitte).
Cafetière,
porcelaine, Höchst (ou Hoeschst), Allemagne, vers 1775.

Belle pièce de forme, cette
cafetière reprend un modèle fréquent à Meissen, tout en créant ici un riche
décor pourpre en camaïeu, avec des paysages ruinistes et champêtres. Des
mouches et des oiseaux sont peints sous l’anse ou l’épaulement, le bec
présentant un faible relief rehaussé de pourpre. La marque de la manufacture
d’Höchst, bleue sous couverte, est peinte sous la base. Ce décor en camaïeu
pourpre pouvait se retrouver aussi à Tournai, par exemple. Couvercle manquant,
un accident à la base de l’anse. Hauteur : 19,2 cm.
Porte-montre,
tilleul, France, époque Louis XV.

Objet rare et insolite, cet élégant porte-montre
est une très belle réalisation du style rocaille, à son apogée dans les années
1745-1750. Destiné à une clientèle masculine, en général posé sur un bureau, il
doit accueillir en sa lunette la montre oignon du maître de maison, retenue par
son attache glissée dans l’encoche. Cette pièce, par sa qualité et la
virtuosité de son mouvement, est un bon témoin du raffinement aristocratique
atteint dans l’art de vivre au XVIIIème siècle. Bon état général, quelques très
légers manques. Hauteur :
26 cm.
Paire de
flambeaux, bronze argenté, France, vers 1750.

Ces flambeaux sont d’excellents exemples de l’orfèvrerie
civile régionale sous le règne de Louis XV, inspirée des modèles parisiens à la
mode. Le pied cloche à accolades est orné de trois agrafes ciselées de
feuillages et d’épaulements successifs. Il est rattaché au fût par une doucine
à bandeaux. De forme balustre et trilobé, ce fût est orné d’éléments végétaux
de style rocaille, en chute. Le binet, en forme de vase, reprend les mêmes
ornements ; la bobèche, polylobée, a été soudée (ainsi que le pas de vis).
Les surfaces ont reçu une gravure
au poinçon, de guirlandes et de feuillages. Légères usures à l’argenture. Hauteur
: 26 cm.
Plat,
Tournai, porcelaine tendre, XVIIIème siècle.

Ce plat creux en pâte tendre de Tournai en Belgique
(signée au revers), présente un décor dit au ronda, d’origine coréenne, et qui se retrouve aussi à Chantilly,
Saint-Amand-les-Eaux et Arras. Les motifs floraux en bleu de cobalt, précis et
élégants, sont disposés de façon simple mais équilibrée. Pièce de service à
usage courant et en excellent état (légère égrenure), elle est un bon exemple
des recherches européennes pour imiter techniquement et stylistiquement la
porcelaine d’Asie. Diamètre :
23,5 cm.
Confiturier,
verre « façon de Venise », France, vers 1750.

Ce beau confiturier (ou compotier) en verre soufflé
dans une forme et dont le couvercle présente un décor géométrique gravé à la
roue, est caractéristique des productions verrières provinciales françaises des
années 1750 (Orléanais,
Normandie). Le talon est formé par un ruban de verre appliqué à chaud et
travaillé à la pince ; belle trace de pontil. Le verre, très léger, est parsemé de multiples petites
bulles et légèrement teinté vert. Le bouton de préhension, plein, fut formé par
la pose d’une boule de verre chaud, retravaillée en cabochon. Parfait état
(juste un petit éclat à la feuillure du couvercle). Dimensions : (15,5 x 9,5 cm).
Suite de
4 verres à jambe, France, vers 1750.

Ces verres à vin, en parfait
état, sont constitués d’une coupe conique à douze pans. La jambe est taillée à
facettes. Chaque verre, blanc, est parsemé de petites bulles ou d’inclusions. Hauteur
: 13,2 cm.
Paire
de verres à jambe, France, milieu du XVIIIème siècle.

Ces beaux verres à
boire, en parfait état, sont constitués d’une coupe conique prolongée par une
jambe dont le diamètre va en s’amenuisant jusqu’au pied, orné d’un ourlet.
Chaque verre, blanc, est parsemé d’une multitude de petites bulles. Parfait
état. Hauteur : 11,5 cm.
Plat,
Moustiers, faïence,
XVIIIème siècle.

Ce plat au bord contourné
présente un décor traditionnel à Moustiers au XVIIIème siècle, issu des
grotesques de Callot. Traité en
camaïeu jaune ou orange, il porte la marque à la croix verte, de la manufacture
Clérissy, l’ornementation étant plutôt caractéristique du « style
Olérys ». La facture, assez sommaire, indique une fabrication relativement
tardive. Quelques égrenures, sonne magnifiquement. Diamètre : 25 cm.
Boite
en écaille, avec le portrait sur ivoire du roi Louis XVIII, époque Restauration
(vers 1820).

Louis XVIII, roi de France de 1815 à 1824 est ici
représenté portant le cordon et la plaque de l’ordre du Saint-Esprit, ainsi que
l’ordre de Saint-Louis. La miniature peinte sur ivoire est enchâssée dans un
cadre en or, lui-même inclus dans le couvercle de la boite en écaille. La
boite, ouverte, laisse apparaître un manque dans la feuillure. Diamètre : 8,3 cm (boite) ; 2,5 cm (miniature).