Céramiques et arts d’Europe, exemples
de ventes récentes :
Tasse et
soucoupe (d’une paire), porcelaine tendre, Saint-Cloud, vers 1720.

Ces
deux tasses et leurs soucoupes forment un bel ensemble, chaque pièce étant
marquée en bleu sous couverte, sous la base, de diverses marques répertoriées
de la manufacture de Saint-Cloud. A la suite de Rouen, ce lieu fut un des plus
prestigieux centres français de porcelaine tendre (la pâte étant exempte de
kaolin, elle est théoriquement rayable à l’acier). Ces pièces, moulées, à
godrons, présentent un beau décor de lambrequins et de broderies en dentelles
ou en lyre. Quelques légères égrenures. Hauteur tasses : 5,8 cm.
Diamètre soucoupes : 10,2
cm. Bibliographie : -G.-J.
Malgras (dir.), Porcelaines tendres françaises, ABC Collection, 1983, 271 p. -C. Lahaussois, Porcelaines
de Saint-Cloud, Collection Musée
des arts décoratifs, RMN / UCAD,
Paris, 1997, 207p.
Pichet, verre, Normandie, vers
1750.

Ce
superbe pichet en verre très légèrement teinté vert, a été soufflé en une seule
paraison, complétée d’une anse appliquée à chaud. Le col est souligné d’un
large épaulement. Le charme de cet objet réside essentiellement dans sa forme
et son relief à côtes superposées. Parfait état. Hauteur : 21 cm.
Bibliographie : -J.
Bellanger, Verre d’usage et de prestige en France, 1500-1800, L’Amateur, Paris, 1988, 525 p. -Catalogue vente
aux enchères Cabinet Bailly-Pommery & Voutier, Paris Drouot, 10/12/2004
(expert Sylvie Lhermitte).
Tasse et
soucoupe (d’une suite de six), pot à lait, sucrier, porcelaine dure,
Manufacture de Monsieur, Paris vers 1780.



Ces six tasses et six soucoupes, ce sucrier et ce pot à
lait portent tous sous la base la marque rouge au tampon en majuscules cursives
LSX. Ce sont les initiales de Louis-Stanislas-Xavier, Monsieur, comte de
Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII (1755-1824). Ce prince
accorda son patronage (honorifique) à la manufacture parisienne de Clignancourt
(1771-1799). Une riche dorure en dents de loup souligne les bords et les anses.
Un décor en jeté de fleurs représente des barbeaux, thème champêtre peut-être
mis à la mode par la reine Marie-Antoinette. Une soucoupe a une légère égrenure ;
une tasse a un petit éclat sous le talon. Hauteur tasses : 6 cm.
Diamètre soucoupes : 12,9
cm. Hauteur sucrier : 9,5 cm. Hauteur pot à lait : 13,8 cm.
Plat,
porcelaine dure, Locré, Paris, vers 1780.

Ce bon exemple de porcelaine « de Paris » porte
au revers la marque aux torches croisées, bleue sous couverte ; elle
correspond à la manufacture de la rue de la Fontaine-au-Roi (1772-1824), fondée
par Jean-Baptiste Locré. Un décor en « jeté de fleurs » orne l’aile
et le bassin ; une frise de dents de loup en or souligne le bord. Très bel
état. Diamètre : 24,2 cm.
Grand plat, faïence, Rouen,
XVIIIème siècle.

Ce
grand plat octogonal moulé, au bord orné de légers reliefs (oves), est peint
d’un beau décor bleu, figurant au centre un grand motif végétal. L’aile est
peinte de festons feuillagés et stylisés, selon le style traditionnel
rouennais. Une égrenure au revers. Dimensions : 48,5 x 37
cm.
Plat
festonné, faïence de Moustiers, époque Clérissy.

Ce très bel exemple de décor « à la Bérain » peut
être daté de la première moitié du XVIIIème siècle. La fabrique des Clérissy à
Moustiers (1679-1783) réinterpréta ces motifs de l’ornemaniste Jean Bérain
(1640-1711), lui-même s’inspirant des grotesques des loges vaticanes de
Raphaël. La pièce, moulée, est peinte d’un bel émail bleu, figurant sur le bord
un filet orné de ferronneries. Au centre est peint un buste entre deux
bouquets, complétés d’un masque, d’accolades feuillues et de drapés. Légères
usures d’usage sur le bord. Diamètre : 23,4 cm.
Carreau
(d’une suite de 3), Flandres, terre vernissée, XVIIème siècle.

Ces carreaux, dits « au lion
des Flandres » sont d’un modèle qui fut largement diffusé à l’époque
baroque. Réalisés selon une technique médiévale bien connue, ils sont en argile
rouge estampée d’un motif ornemental comblé par une terre blanche, puis furent
recouverts d’une glaçure à reflets lustrés, légèrement usée. Quelques
usures d’usage. Dimensions : 14,5 x 14,5 x 1,5 cm. Bibliographie : Christopher Norton, Carreaux de pavement du
Moyen-Age et de la Renaissance, Collections du musée Carnavalet, Paris-Musées, Paris, 1992, 159p..
Gobelet, Bohême, vers 1740.

Beau petit gobelet à 17 pans, légèrement évasé et
décoré à l’or d’une scène rocaille, animée d’un jeune gentilhomme. Rares petits
éclats au bord de la coupe. Dimensions : 7,8 x 6,8 cm.
Petit plat (d’une paire),
porcelaine dure, Paris, vers 1785.


Ces deux petits plats sont peints du célèbre décor
« aux barbeaux », en vogue à la fin du règne de Louis XVI. Le bord
est orné d’une frise d’or en dents de loup. Chacun porte au revers une marque
rouge : les lettres AG en majuscules cursives inscrites dans un cartouche
ovale sommé de la couronne de fils de France. Cette marque est celle de la
manufacture dite du duc d’Angoulême, connue aussi sous l’appellation de
manufacture de la rue de Bondy, puis rue du Temple, ou encore Dihl et Guérarhd
(1781-1828). Cet établissement fut protégé à partir de 1782 par le jeune duc
d’Angoulême, fils aîné du comte d’Artois (futur Charles X). Les lettres A et G
correspondent aux initiales des deux premières syllabes d’Angoulême. Parfait
état. Diamètre : 13,4 cm. Bibliographie :
Porcelaines Françaises, Tome
1, Département des Objets d’art, Musée du Louvre, RMN, Paris, 1992, 314 p.
Auguste Cain (1821-1894), vase cratère,
bronze.

Ce beau vase, d’inspiration grecque,
est en bronze à patine brune, et présente un riche décor ciselé ou en relief,
constituée de feuillages de lierre et de deux médailles antiquisantes,
appliquées. L’une représente un portrait féminin de profil, l’autre un
quadrige. L’œuvre est signée CAIN,
en creux, à la base de la panse. Auguste Cain fut l’élève de Rude, et épousa en
1852 la fille de Pierre Jules Mène, avec lequel il se distingua surtout pour
des bronzes animaliers. Il débute au Salon de 1846, puis y exposera très
régulièrement jusqu’à sa mort, recevant de nombreuses médailles et récompenses.
En dehors de ses productions animalières, à la suite de Barye, il réalisa aussi
des candélabres, des vases ou des boites. Sous le Second Empire il reçoit de
nombreuses commandes officielles, sous la protection du comte de Nieuwerkerke.
Ses œuvres monumentales sont présentes au jardin des Tuileries, dans le parc du
Palais du Luxembourg, mais aussi à l’hôtel de Ville de Paris (campanile et
lions des portes) et à celui de Poitiers (lions du campanile). Il reçut aussi
des commandes du duc d’Aumale (château de Chantilly), de la ville de Genève
(monument équestre du duc Charles II de Brunswick), et de la présidence de la
république française (jardins de l’Elysée). De son vivant, il édita lui-même
ses bronzes, utilisant la fonderie personnelle de son beau-père. Après sa mort,
l’ensemble de son catalogue sera repris par la célèbre fonderie Susse frères.
Certains groupes monumentaux furent fondus par Barbedienne, Gonon ou Thiébaut.
Ce vase peut être rapproché de trois références du catalogue Susse (hélas
n’indiquant pas les dimensions et n’illustrant pas ces références): le n° 91
(Vases grecs), le n° 95 (vases lierres) ou le n° 96 (vases grecs petit modèle).
Comme il ne porte par de cachet de fondeur, il fût, selon nous, fondu par Cain
lui-même, de son vivant.
Très
bel état. Dimensions : 16 x 23
cm. Bibliographie : -Collection
complète des bronzes d’art de P.-J. Mène et A. Cain, Catalogue commercial Susse frères, 4 vol., Paris, 1907.
-P. Kjellberg, Les bronzes du XIXème siècle, dictionnaire des sculpteurs, L’Amateur, Paris, 1987, 685 p.