Communes de Chantecorps et Fomperron, Canton de
Ménigoute
Département des
Deux-Sèvres
L’abbaye
Notre-Dame des Châtelliers, fondée en 1119 par Giraud de Salles, disciple de
Robert d’Arbrissel, fut jusqu’en 1790 une des six abbayes cisterciennes du
Poitou (Le Pin, Bonnevaux, L’Etoile, La Merci-Dieu et Valence).

L’accès aux Châtelliers en 1889, cliché Jules Robuchon, coll. Ph. Michaud
Ce
monastère, comme tant d’autres, connut au cours de son histoire une alternance
régulière entre des périodes fastes, d’embellissement ou de reconstruction,
entrecoupées de ravages, liés à la Guerre de Cent Ans puis aux Guerres des
religions. Depuis la fin du XVIIIème siècle et sa vente comme bien national
suite à la sécularisation des biens du clergé, les bâtiments, propriété de
plusieurs particuliers successifs, ont progressivement disparu. Les matériaux
ont servi pour construire les fermes des environs, ou empierrer les routes...
Les moines des Châtelliers possédaient dans la région d’importants domaines
forestiers, des exploitations agricoles et divers prieurés. Aujourd’hui seul
celui de Bougon (Musée des Tumulus) présente encore une belle chapelle
cistercienne médiévale.
A la fin des années 1880 divers archéologues, historiens et
historiens de l’art vinrent sur place étudier les Châtelliers. Les plus
célèbres furent Mgr Xavier Barbier de Montault et Emile Espérandieu. Hôtes du
comte Alphonse Garran de Balzan, ils pratiquèrent des fouilles, décrivirent les
bâtiments ainsi que les collections de mobilier ou d’œuvres d’art. Plusieurs
albums photographiques furent réalisés et diverses publications d’excellente
qualité couronnèrent ces recherches.
De 1903 à 1908 ce sursaut pour sortir de l’oubli prit fin.
Plusieurs ventes aux enchères dispersèrent les collections puis, une fois les
bâtiments vidés, furent démolis les ruines de l’abbatiale, une galerie du
cloître et les pavillons délimitant la terrasse de l’aile Ouest.
Les années 1928-1933 (ailes Ouest et Sud des bâtiments
conventuels et dernière galerie du cloître), puis 1975 (pigeonnier), puis 1989
(hôtellerie des pèlerins) furent fatales. En 1959 puis 1964 un moine bénédictin
de Ligugé, Dom Jean Coquet, vint fouiller l’emplacement de l’abbatiale,
confirmant les recherches du siècle précédent mais émettant aussi l’hypothèse
très contestable d’une fondation mérovingienne.
Aujourd’hui, sur la commune de Chantecorps, les bâtiments
dits « des Convers » (auberge du XVIIème et chapelle du XIIIème
siècle) semblent condamnés, malgré la protection officiellement garantie par
l’inscription du Grand Etang et de ses abords Sud en 1946. Sur la commune de
Fomperron, seule une belle servitude sur deux niveaux et dont la fonction
initiale reste inconnue (aile Est des bâtiments conventuels), reste bien
protégée ; elle date en partie du XVème siècle et fut remaniée au début du
XVIIIème. Elle présente encore une magnifique charpente.
Ce
site Internet a pour objectif de faire le point sur l’architecture, les
recherches historiques et, par la mise en ligne de documents iconographiques,
de ressusciter la mémoire de ce lieu qui fut remarquable.
En péril, les vestiges actuels restent intéressants même
s’ils sont un pâle reflet de ce que fut jadis ce vaste établissement
monastique. Ils sont actuellement divisés en trois propriétés privées. Leur
accès étant strictement interdit au public, nous vous invitons à cette visite
virtuelle, dans l’espace et le temps …
Dernière mise à
jour le : 9 mai 2008